Les multiples défis du déclin démographique : économie, société, politique, écologie...
Croissance, retraites, santé : les enjeux colossaux de la démographie
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C’est un résumé qui fait quelques raccourcis, mais cela peut vous donner envie de lire l’article. Dites-nous ce que vous en pensez en commentaires.
Voici la première partie de notre dossier sur la démographie. Le sujet sensible du déclin démographique revient régulièrement dans le débat public dès qu’il s’agit de déplorer la baisse des naissances notamment en France. Faut-il s’alarmer comme on le laisse souvent entendre ? Et si oui quelles sont les solutions qui fonctionnent ?
Cette première partie a pour but de présenter quelques-uns des enjeux associés aux évolutions démographiques à l'œuvre et les secteurs qui sont impactés par ces changements : économie, modèle social (retraites), climat, etc…
Dans le prochain article, nous brosserons un état des lieux de la situation démographique dans le monde et pourquoi elle impacte la France. Nous finirons par un inventaire des solutions de relance démographique.
Pour la première fois depuis 80 ans, la France compte plus de décès que de naissances
L’hexagone semblait jusque là relativement épargné par le déclin de la fécondité par rapport à d’autres pays de l’Union européenne qui convergent autour de 1,5 enfant par femme. Nous avons assisté en 2023 à une chute importante des naissances en France, avec un taux de fécondité sur ses plus bas depuis 1945 (1.7 enfant par femme).
Et si le sujet revient fréquemment dans le débat, c’est parce que la démographie joue un rôle primordial, notre modèle économique étant basé sur la croissance. Si la population décline, l’économie devrait se contracter. Et quid du système de retraite par répartition ?
Dans les pays touchés par le déclin démographique, les politiques natalistes qui consistent à donner de l'argent ont peu ou pas d’effets. De petits avantages financiers ne changent pas une décision aussi importante que celle de fonder une famille. Les études convergent vers une solution orientée vers plus de flexibilité offerte aux femmes pour concilier vie familiale et vie professionnelle.
Ce qui laisse peu d’espoir sur les ambitions de “réarmement démographique” du président Macron.
Sommaire
Le déclin démographique rogne la croissance économique
Vers une remise à plat des modèles sociaux ?
De l’importance des tailles de populations dans la puissance politique et militaire d’un pays
Notre niveau de vie sera impacté par le déclin de la population des pays pauvres
La difficile question politique de la migration… pour maintenir la croissance des pays riches
Environnement : faut-il se réjouir du déclin démographique ?
Le déclin démographique rogne la croissance économique
Commençons par la définition de la démographie par l’INED, l’Institut national d’études démographiques,
“la démographie est l’étude des populations visant à connaître leur effectif, leur composition par âge, sexe, statut matrimonial, etc. et leur évolution future. Elle utilise les informations statistiques fournies par les recensements et l’état civil.”
Si elle apparaît de prime abord comme un sujet annexe, voire rébarbatif, la démographie constitue pourtant un domaine majeur sur lequel reposent nos sociétés et nos modèles économiques. Elle sert entre autres à élaborer les politiques publiques (retraites, travail, allocations familiales, politique de relance de la natalité, etc.), d’où la nécessité de projections fiables des évolutions des populations.
Pour illustrer son rôle de premier plan, observons l’indicateur qui sert de référence mondiale pour évaluer la bonne santé d’un pays, la croissance du produit intérieur brut1 (PIB). Dans la mesure où une économie est en mesure d’absorber un surcroît de travailleurs, une population en hausse fait généralement croître le PIB.
L’augmentation de la population s’accompagne de plus de travailleurs et de plus de consommateurs ce qui génère mécaniquement une augmentation du PIB. En se fiant à cet indicateur, même s’il ne dit rien du bien être des individus et pour peu que le PIB par habitant ne diminue pas, une population en hausse est bénéfique pour la croissance économique tandis qu’un déclin est lui de mauvaise augure.

Vers une remise à plat des modèles sociaux ?
À l’échelle d’un pays, les évolutions de la démographie vont impacter de nombreux secteurs.
C’est le cas par exemple du système des retraites, qu’il soit par répartition ou par capitalisation. Dans un système par répartition, c’est le cas du modèle français, les travailleurs d’aujourd’hui cotisent pour financer les retraites de leurs aînés, les travailleurs d’hier. Les difficultés apparaissent quand la population décline avec un nombre de travailleurs qui se réduit pendant que celui des personnes âgées augmente. Il y a de moins en moins d’actifs pour financer la retraite des anciens.
Dans un système par capitalisation, c’est en se constituant un capital que les travailleurs financent leur retraite. Ils épargnent et font fructifier leur capital majoritairement par le biais des marchés boursiers et des obligations – actions et obligations représentent 70 % des régimes de retraite par capitalisation dans les pays de l’OCDE. En fait un ensemble de véhicules adossés à la croissance de l'économie et dont les rendements démultiplient l’effort d’épargne des actifs. L’objet est de produire un patrimoine dans lequel ces derniers pourront puiser au moment de la retraite.
Et, autant un accroissement de la population produit à priori de la croissance économique propice à faire fructifier un capital, autant le déclin démographique risque d'entraîner une contraction de l’économie qui verra alors les revenus du capital diminuer. Il y a de moins en moins d’actifs pour faire fonctionner l’économie et donc de moins en moins de possibilités de se construire un patrimoine pour la retraite en profitant des rendements financiers de l’économie.
Dans le même ordre d’idée, le marché de l’immobilier est lui aussi lié aux évolutions de population. Une diminution de la population va tirer les prix de l’immobilier vers le bas en diminuant la demande de logements. Un point positif pour les nouveaux acquéreurs, mais un phénomène qui fait mécaniquement baisser la valeur du patrimoine immobilier.
En France par exemple, l’immobilier représente plus de la moitié (54 % selon la Banque de France) du patrimoine net des ménages. Une baisse de l’immobilier viendra donc peser sur l’épargne des ménages. Pour la moitié des ménages qui disposent d’une épargne hors immobilier de plus de 20 000 €, l’écrasante majorité du patrimoine est constituée d'immobilier. Hormis le dixième des ménages le mieux pourvu, le patrimoine immobilier en représente même 65 % à 75 %.

De l’importance des tailles de populations dans la puissance politique et militaire d’un pays
Dans un autre domaine, la masse démographique est longtemps allée de pair avec la puissance militaire. La force est toujours dans le nombre, mais aujourd’hui la technologie peut en partie se substituer à l’humain pour les pays en ayant les moyens. C’est ainsi que le classement des puissances militaires montre que les États-Unis sont en haut du classement devant des pays bien plus peuplés mais de moindre puissance économique comme la Chine ou l’Inde. Ces derniers restent cependant dans le peloton de tête, car “la main-d'œuvre disponible constitue un facteur clé, influençant de nombreux autres indicateurs”.
D’un point de vue politique, les masses restent un atout important dès lors qu’elles sont associées à des capacités économiques ou militaires. En témoigne par exemple le poids de la Chine (1,4 milliards hab et 12 000$/hab de PIB) sur le plan de la politique internationale pendant que le géant démographique indien (1,4 milliards hab et 2 200$ PIB/hab), avec un PIB par habitant cinq à six fois plus faible, peine à émerger sur la scène internationale. Il en est de même des pays comme le Nigéria (240 millions hab et 2 400$/hab de PIB) ou le Bangladesh (170 millions hab et 1 900$/hab de PIB) qui ne disposent pas d’un poids économique ou militaire conséquent et sont loin d’avoir la présence internationale de pays moins peuplés comme la Russie (145 millions hab et 10 500$/hab de PIB) ou l’Iran (90 millions hab et 5 700$/hab de PIB).
Notre niveau de vie sera impacté par le déclin de la population des pays pauvres
Et si les mouvements démographiques sont importants à l’échelle d’un pays, il faut aussi tenir compte des évolutions au niveau mondial. Car, avec la mondialisation2, les économies nationales sont intriquées.
Une étude récente parue dans la revue Nature dresse ainsi le constat édifiant de travailleurs du Sud global3 qui fournissent 90 % de la main-d'œuvre nécessaire à l'économie mondiale. En retour, ils ne reçoivent que 20 % des revenus mondiaux. Les pays du Nord global, c’est à dire les pays dit avancés ou riches, s’accaparent les 80 % restants ce qui leur permet de développer leur niveau de vie élevé. Car, depuis quelques décennies, une large part du travail associé aux biens ou services consommés dans ces pays, vient de la main-d'œuvre peu chère des pays du Sud (salaire horaire moyen de 1,6 €).

Cette réduction des coûts de fabrication des marchandises et des services a permis de les rendre plus accessibles aux populations des pays du Nord global et d'accroître leur pouvoir d’achat ainsi que leur niveau de vie. Sans la main-d'œuvre abondante des pays pauvres, les pays riches devraient augmenter leur propre temps de travail ou réduire leur consommation ce qui viendrait en retour peser sur leur niveau de vie.

Un déclin de la population des pays du Sud global aurait donc un effet sur la disponibilité de la main-d'œuvre pas chère qui sous-tend l’économie des pays riches, avec des conséquences négatives pour le bien-être économique de leurs populations…
Les anticipations d’évolutions démographiques viennent également influencer l'élaboration de politiques natalistes ou immigrationnistes, l’une n’excluant pas l’autre.
Les migrations sont importantes pour les pays en déclin démographique comme ceux de l’OCDE où le nombre d’enfant par femme (1,6) est largement en dessous du seuil de renouvellement des générations. Entre 2000 et 2020, pour les pays les plus riches, le flux de migration internationale a ainsi dépassé le solde naturel des naissances sur les décès. Ce sont plus de 80 millions de migrants qui sont entrés dans les pays de l’OCDE pendant que le solde naturel n’était positif que d’un peu plus de 66 millions d’individus. Selon l’ONU, dans les prochaines décennies, la migration y sera même le seul moteur de la croissance démographique.
C’est le résultat de la transition démographique4 qui accompagne l’amélioration des conditions de vie des populations. Elle se traduit par une première phase de croissance forte de la population à mesure que la mortalité5 diminue, en particulier chez les nourrissons et les enfants, dans un contexte de fécondité6, et donc de natalité, élevée : les naissances deviennent très supérieures aux décès et le solde naturel augmente.



Avec le développement de l’éducation, l'amélioration des conditions sanitaires et des niveaux de vie, les taux de fécondité diminuent. Les causes tiennent dans l’élévation de l’âge du mariage, la scolarisation des filles, leur accès au marché du travail ou encore le recours à la contraception. La conséquence est une baisse du nombre de naissances pendant que la mortalité continue de diminuer. Le solde naturel est alors réduit et la population s'accroît moins vite.
À terme, la mortalité atteint une asymptote – depuis les années 1980, le taux de mortalité est relativement stable dans les pays riches à un peu moins de neuf décès pour mille habitants. Le renouvellement naturel de la population dépend alors du taux de natalité. Dans les pays riches, il est en baisse tendancielle depuis au moins les années 1950 – pas de mesures avant – et approche les neuf naissances vivantes pour mille habitants en 2023.
Avec l’amélioration des conditions de vie au niveau mondial, la diminution mondiale de la mortalité est actée au moins depuis les années 1950. Le taux de natalité a quant à lui entamé une baisse marquée dans le courant des années 1960 et est aujourd’hui en baisse dans quasiment tous les pays. Avec un taux de fécondité en retrait au niveau mondial, les pays pauvres progressent dans leur transition démographique et voient la croissance de leur population ralentir.
La difficile question politique de la migration… pour maintenir la croissance des pays riches
Pour en revenir aux migrations, hormis les pays les plus pauvres de la planète, les soldes naturels dans les différentes régions du monde sont soit déjà en baisse, soit devraient entamer leur baisse dans les prochaines décennies. Pour une bonne partie du monde, en particulier les pays à plus haut revenus, cela va se traduire par des populations qui diminuent naturellement à court terme. En parallèle, les populations des pays aux plus bas revenus, traditionnellement les “réservoirs” de l’immigration – souvent décriée – vers les pays plus riches, vont se stabiliser voire entamer une décrue.
C’est par exemple le cas emblématique des États-Unis. Alors que Donald Trump ferme les frontières à l’immigration, c’est pourtant largement grâce à elle que la population américaine est en augmentation. D’ici à 2035, ce pourrait même être le seul moteur de sa croissance. C’est d’ailleurs l’immigration deux fois plus rapide que dans la zone euro qui soutient la forte croissance économique du pays selon le Bureau du budget du Congrès américain (Congressional Budget Office - CBO).
Selon l’agence fédérale, d’ici au milieu des années 2030, ce serait plus de 5 millions de personnes actives supplémentaires, principalement grâce à l'immigration : « L'immigration nette est de plus en plus le moteur de la croissance démographique et représente la totalité de la croissance démographique à partir de 2040, en partie parce que les taux de fécondité restent inférieurs au taux qui serait nécessaire pour qu'une génération se renouvelle en l'absence d'immigration. »

Les pays les plus riches, à la population vieillissante et à faible natalité, feront face au dilemme de devoir restreindre leurs modèles sociaux ou favoriser l’immigration. Dès lors, il pourrait s’instaurer une compétition entre ces pays pour doper leur population active en attirant les jeunes migrants via des discours et des politiques migratoires beaucoup plus accommodantes et incitatives qu’aujourd’hui.
Une course à la main-d'œuvre qui est déjà considérée comme inéluctable pour les pays les plus riches. C’est en tout ce qu’écrit l’OCDE dans son rapport sur les perspectives des migrations internationales de 2023 :
« L’augmentation observée des nouvelles entrées de travailleurs étrangers et du taux d’emploi des immigrés résidents est liée au fait que de nombreux pays de l’OCDE connaissent des pénuries de main-d’œuvre. L’immigration de travail figure donc en bonne place parmi les priorités des pouvoirs publics. Plusieurs pays dont l’Allemagne et l’Australie prévoient de modifier en profondeur les cadres applicables, tandis que d’autres ont revu à la hausse leurs objectifs en la matière. »
Cet afflux de travailleurs, appelé de ses vœux par l’organisation internationale pour favoriser la croissance économique, viendra a priori concurrencer les travailleurs autochtones. Mais la recherche sur le sujet se veut rassurante et pointe que les effets négatifs sur l’emploi et la rémunération des nationaux seront localisés et faibles. Pour les chercheurs de l’Université d’Oxford, « la migration est propice à la prospérité des autochtones et à la prospérité globale, en particulier sur des périodes plus longues », notamment en venant renforcer une main-d'œuvre vieillissante et des systèmes de retraite de plus en plus sous pression.
Les mêmes auteurs précisent que l’immigration dynamise les économies locales en soutenant le marché du travail dans les secteurs qualifiés qui font face aux pénuries de travailleurs. Les migrants contribuent ainsi à créer des opportunités d’emploi supplémentaires pour les travailleurs locaux.
Encore une fois, les États-Unis en sont une bonne illustration. Les travailleurs étrangers hautement qualifiés sont de plus en plus importants pour les industries stratégiques dans les secteurs tels que les logiciels, l’énergie, la santé ou encore l’industrie manufacturière de pointe. La part de la main-d’œuvre étrangère dans les emplois de niveau diplôme d’études supérieures y a augmenté de presque moitié en 20 ans et représente un quart des effectifs aujourd’hui. C’est plus d’un tiers d’étranger dans les emplois les plus qualifiés, de niveau master ou mieux, ici aussi près de moitié plus qu’il y a 20 ans.
Pour les chercheurs du Groupe d’innovation économique (EIG), organisation bipartisane de politique publique qui se consacre à la mise en place d'une économie américaine plus dynamique et plus inclusive, :
“L'attrait des voies d'immigration basées sur l'emploi est donc tout aussi crucial pour la santé et la productivité des industries stratégiques que les soutiens commerciaux ou fiscaux généralement synonymes de politique industrielle. Si nous ne parvenons pas à associer des investissements publics ambitieux à des politiques tout aussi ambitieuses en matière de gestion de main-d'œuvre et du capital humain, nous ne parviendrons pas à tirer pleinement parti de l'un de nos plus grands avantages concurrentiels dans les industries stratégiques.”

Environnement : faut-il se réjouir du déclin démographique ?
Le déclin de la population est une épine dans le pied d’un point de vue économique et militaire. Le constat est plus contrasté dans le secteur environnemental, et certains n’hésitent pas à pointer que cela sera positif pour le climat : “Une diminution de la population mondiale totale dans la seconde moitié du siècle est potentiellement une bonne nouvelle pour l'environnement mondial”.
Avec la poursuite de nos modes actuels de production et de consommation, plus la population croît, plus forte est la pression sur le climat et les ressources naturelles. La croissance démographique va de pair avec plus de consommation (besoins en logement, nourriture, infrastructure, service), ce qui est “bon” pour la croissance du PIB, est en l’état moins “bon” pour l’environnement.

D’une manière générale, la pression exercée par l’homme sur la planète nous a fait franchir six des neufs seuils planétaires au-delà desquels les conditions de vie pourraient devenir défavorables à l’humanité selon les scientifiques. Parmi les limites franchies se trouvent l’érosion de la biodiversité, la déforestation ou encore le réchauffement climatique.
En particulier, croissance économique et augmentation des gaz à effet de serre sont depuis longtemps associées, ou, dans le jargon économique, « couplées ». La croissance exponentielle de l’activité économique des deux derniers siècles s’est ainsi accompagnée de celle, tout aussi exponentielle, des émissions de gaz à effet de serre dites anthropiques, c'est-à-dire causées par l’homme.
Pour en savoir plus sur le couplage entre croissance économique et émissions de gaz à effet de serre, consultez notre article sur la croissance verte.
Ces gaz sont les responsables du réchauffement climatique de presque 1,5 ºC par rapport à la période pré industrielle qui est constaté aujourd’hui. Une augmentation de la température moyenne de la Terre qui, sans intervention, est de plus en trajectoire pour atteindre les plus de 3ºC à l’horizon 2100 selon l’ONU.
Et le « découplage » appelé de leur vœux par certains économistes, c’est à dire une croissance économique qui serait associée à une baisse des émissions de gaz à effet de serre, n’a été observé que dans une poignée de pays à des niveaux très largement insuffisants pour tenir les engagements de l’Accord de Paris et contenir le réchauffement climatique `º 1,5 ºC - 2 ºC.
Il est certain que, sans baisse drastique, à l’échelle mondiale et pour n’en citer que quelques uns, de notre consommation d’énergies fossiles, de la déforestation et sans modification des comportements alimentaires pour privilégier les produits végétaux, l’augmentation de la population se traduit par un surcroît de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Pourtant le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) précise que la mise œuvre équitable des solutions identifiées dans ses différents rapports pour lutter et s’adapter au réchauffement climatique n’est pas incompatible avec les projections de populations actuelles. Selon le GIEC, la réduction de la population mondiale n’est pas requise pour suivre un chemin de développement de l’humanité compatible avec une planète vivable.

Cet article tente de démontrer le rôle fondamental des évolutions démographiques dans nos sociétés. D’où l’importance de prévisions fiables d’évolutions des populations afin d’anticiper les politiques publiques. C’est le sujet que nous aborderons dans notre prochain article où nous vous expliquerons comment se font les prévisions et quelle est leur fiabilité… Nous traiterons ensuite des politiques natalistes pratiquées par les pays en déclin démographique et verrons pourquoi elles peinent à donner des résultats.
La suite…
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Pour en savoir plus
Notes
Le produit intérieur brut (PIB) donne une mesure des richesses nouvelles créées chaque année par le système productif et permet des comparaisons internationales. Consultez les modules et fiches du site de The Other Economy pour une présentation des éléments essentiels et des idées reçues associées au PIB et sa croissance.
La mondialisation est un phénomène de multiplication des échanges - marchandises, populations, etc. - entre les différents États du monde, qui a débuté au XIX siècle.
Pays du Nord global, pays du Sud global : font référence aux notions de Nord Global et Sud Global définies dans les travaux de Jason Hickel. Le Nord global correspond à la classification des pays avancés du FMI soit peu ou prou l’Occident plus Japon, Corée du Sud et Taiwan soit les États-Unis, le Canada, l’Union européenne (hors Bulgarie, Croatie, Hongrie, Lituanie, Pologne et Roumanie), le Royaume-Uni, la Norvège, la Suisse, la Nouvelle Zélande, l’Australie, la Corée du Sud, Taiwan et le Japon. Le Sud global désigne le reste du monde soit l’Amérique latine, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie.
La transition démographique désigne le passage d’un régime traditionnel où la fécondité et la mortalité sont élevées et s’équilibrent à peu près, à un régime où la natalité et la mortalité sont faibles et s’équilibrent également. (source INED)
La mortalité est mesurée par le taux de mortalité qui est le nombre décès pour 1000 habitants. Ce taux est affecté par la structure de la population (distribution selon l’âge), une forte proportion de personnes âgées dans la population (comme dans les pays riches) a tendance à tirer le taux de mortalité vers le haut. À l’inverse, une forte proportion de jeunes dans la population a tendance à faire baisser le taux de mortalité. Le taux de mortalité standardisé permet de comparer la mortalité de pays ou zones pour des populations de mêmes structures, c’est-à-dire avec les mêmes distributions selon l’âge.
Le taux de fécondité, ou taux de fécondité total, est généralement entendu comme le rapport du nombre de naissances vivantes de l'année à l'ensemble de la population féminine en âge de procréer. Il est une extension du taux de fécondité à un âge donné (ou pour une tranche d'âge), qui est le nombre d'enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l'année, rapporté à la population moyenne de l'année des femmes de même âge. Le taux de natalité est le nombre de naissances vivantes pour 1000 habitants, il se compare directement avec le taux de mortalité pour estimer le solde naturel d’une population. Il existe aussi l’Indicateur conjoncturel de fécondité qui mesure le nombre d'enfants qu'aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés l'année considérée à chaque âge demeuraient inchangés (Insee). Voir cet article du Centre d’observation de la société pour une courte discussion sur les différents indicateurs.









